Quand Jamiri dessina la femme / Jamiri, Frau und Fiat
Article in English below
Qui dit que la BD est misogyne ? Chez Jamiri, auteur de BD allemand que j’ai découvert comme tout le monde à la fac à travers la revue UNICUM, c’est les femmes qui ont le dernier mot et en particulier sa chère et tendre Beate. C’est beau et réconfortant de voir enfin de la lucidité chez un artiste bédéesque.
Parce que d’habitude dans le monde de la BD, on a souvent droit aux aventures d’une nénette et de ses chiffons, copains, petits bobos. Même Boulet représente les femmes soit en petites créatures croquignolettes ou en gardienne du Graal de l’appartement bien nettoyé. On attend en vain un vrai rôle pour celle qui partage sa raclette. Alors je suis d’autant plus aise de côtoyer virtuellement Beate qui est un vrai personnage, véritable contrepoint à son dessinateur de mari qui aime se dépeindre comme un adolescent attardé aimant philosopher à un bout de comptoir ou derrière le volant de sa Fiat. On ne demandera si c’est vraiment autobiographique. On n’est pas comme ça. C’est bien simple, sans Beate et son humour noir, la BD s’enfoncerait dans la coloc estudiantine bière-ronron-world-of-warcraft. Merci Beate de sauver notre monde. Mais trève de blabla, voici des exemples. Pour la dernière planche c’est à vous d’inventer la réplique béatienne qui tue !
Who said that comics have to portray women as bimbos, even girly bimbos ? For Jamiri, a German comic author I discovered like everybody else in the student magazine UNICUM, women are the smart ones you can’t do without and in particular his sweetheart Beate. Isn’t it nice to see a lucid comic artist ?
In the comic world, it’s usually all about the life of some girl, her clothes, her boyfriends, booboos. Even the cynical, dinosaur crazy, French comic author Boulet draws women as innocent dolls or gatekeepers of the cleanest flat. When will he give his other half a decent part ? So I’m all the happier to virtually share Beate’s life, as she’s a real character, a worthy opponent for her philosophing Fiat driving, bar hopping teenagey husband. I wonder if it’s autobiographical… OK let’s not ask. To put it in a nutshell, without Beate and her dry humor, the comic would turn into a ruthless beer-kitty-world-of-warcraft fraternity. Thank you Beate for saving the world. But talk is cheap so check out these examples. The last drawing is for you to fill out. Find Beate’s killer answer!
Une BD girlie différente
Chéri, j’ai pris du poids ? Sois franc.
…
- Le truc perfide dans ce jeu, c’est qu’il n’y a pas de solution ! Si t’atteins ce niveau, t’as perdu !!!
- Celui qui programme un truc pareil a vraiment besoin d’un psychiatre !
- Beate, toi aussi ressens la force de…





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Boulet, sa moitié, il ne la met pas dans ses bd parce qu’il protége sa/leur vie privée. On ne voit que ses ami(e)s, sans en savoir plus pour lui ; on ne sait d’ailleurs même pas s’il est célibataire ou non. C’est son choix et je trouve ça très sain, il ne fait pas dans le journal intime.
Le citer dans cet article n’est dont pas pertinent du tout.
Sauf qu’il aurait dessiné sa dulcinée dans ses dernières notes et qu’on l’aurait vu au festival de la BD d’Angoulême avec. Pas très privé. Je ne trouve pas ça sain ou malsain.
Tu estimes que les ami(e(s ne font pas partie de la vie privé ? Soit on partage sa vie privée, soit on ne la partage pas.
Et qui t’as dit que Jamiri dit la vérité, rien que la vérité, toute la vérité ? C’est une fiction une BD, tu sais.
Enfin, Boulet dépeint bien des femmes en créatures croquignolettes ou en gardienne du Graal de l’appartement bien nettoyé.
Il « aurait », c’est que de la rumeur et des on-dits. Toutes les filles qu’ils dessinent dans ses notes passent pour ses petites amies, c’est dans la nature humaine des curieux de se faire des films. Et quel est le problème à ce qu’il soit avec sa copine à Angoulême ? S’il était poursuivi par les paparazzi le reste du temps, ce serait une manière de « s’afficher », sauf qu’il n’est pas vraiment qq1 de connu, en fait. Il y a fort à parier que son adresse et son tel soient sur les pages blanches comme n’importe qui…
« Soit on partage sa vie privée, soit on ne la partage pas. » Je ne suis absolument pas d’accord. On peux mentionner son mec aux collègues sans leur parler de ce qu’on fait au lit avec. Y a qd même une grosse différence entre ami et amant, une différence d’ordre intime, en l’occurence.
Je n’ai pas parlé de Jamiri, que je ne connais absolument pas. Mais en ce qui concerne Boulet, dans la mesure où il ne parle jamais de sa vie amoureuse, il ne fait pas passer de jugement sur la place d’une femme à la maison ou sur les rôles féminin/masculin. Et je persiste à dire qu’il est malvenu de le critiquer sous prétexte qu’il ne met pas sa copine dans ses bds. Ses notes ne portent pas sur la vie de couple, que je sache. Et ça fait au moins 2 ans que ses notes ne parlent presque plus de sa vie tout court…
« Enfin, Boulet dépeint bien des femmes en créatures croquignolettes ou en gardienne du Graal de l’appartement bien nettoyé. »
Créatures croquignolettes, oui, et il est le premier à dire qu’il les dessinent un peu toutes pareil. « gardiennes trucmuche », euh, je vois pas, là. Peut-être sur une note (laquelle ?), parce que le reste du temps, il caricature son appart’ en lieu cradingue de célibataire.
Au fait, vu que je réagis des siècles après (désolée), je suis retournée voir ses notes d’août 2010 où « il aurait dessiné sa dulcinée », résultat, pour le mois de juillet qui a précédé votre article :
1. inconnus de la japan expo
2. aucune femme
3. aucune femme
4. inconnue du métro
5. hommage à André Geerts = aucune femme
6. une vague femme rêvée ??
Ah, sinon, en juin, il a représenté Ella, son avatar de ChicouChicou et Zviane, blogueuse émérite et auteur de bd québécoise qu’il héberge quand elle est sur Paris, une amie de longue date. Possible qu’elle ait été avec lui à Angoulême, vu qu’elle y a passé plusieurs mois à la Maison des Auteurs. Pour tous ceux qui suivent son blog, c’est une amie. Alors de 2 choses l’une : soit il a bien caché sa vraie chérie de ses fans, soit c’est Zviane (à Montréal, aha) et il nous a bien caché qu’ils étaient ensemble.
Conclusion : sa vie privée, il arrive à la garder privée, et grand bien lui fasse. Tous les blogueurs n’ont pas vocation à faire du Laurel.
Aha, je viens de me rendre compte que votre article datait de 2009 ! ^^
ça ne change rien à ma réponse, mais du coup j’en profite pour m’excuser des fautes de conjugaison et vous féliciter pour vos beaux tshirts.
Pas de prob. Merci pour le compliment sur mes t-shirts
Pour la gardienne du Graal et la copine de Boulet, c’est de l’humour. Plus sérieusement, les femmes sont quand même limitées au rôle de fans, invitée, belles inconnues dans les carnets de Boulet. Bref, de la déco. C’est son droit à Boulet et je n’en conclut pas qu’il a une mauvaise image des femmes. Je fais une distinction nette entre oeuvre (qui m’intéresse) et vie privée qui ne me regarde pas vraiment, voire pas du tout. Je pense qu’elles ne l’inspirent pas particulièrement et voilà.
En même temps quand tu vois l’amoncellement de BDs guirly qui nous parlent de chaque bouton d’une donzelle, c’est pas nécessairement un mal.
Ce que j’aime chez Jamiri, c’est qu’il dépeint un personnage féminin, inspirée de sa femme (mais l’élément autobiographique est secondaire pour moi) caustique, spirituel et drôle. Et, merci Jamiri, elle n’est pas mimi (le kawai je sature).
Pour la même raison je préfère Princesse Mononoke à Laputa chez Miyazaki(j’ai encore les cris stridents de la pauvre petite toute croquignolette mais plutôt à la traîne du héros dans mes oreilles).
En tout cas, merci pour tes commentaires. Tu as soulevé des points très intéressants et je suis totalement d’accord avec la distinction entre vie privée et oeuvre
C’est vrai que les personnages féminins ayant du tempérament sont rares ou alors souvent présentés comme « castrateurs ». Et on peut parler en général, pas qu’en bd, malheureusement.
Je crois que je vais aller voir de plus près ce Jamiri, du coup.
Bonne continuation. ^^